Exposition au MAM de la ville de Paris

AIDS, 1989
Collectif canadien fondé en 1969 par trois membres : AA Bronson, Felix Partz et Jorge Zontal. General Idea a cessé d’exister en 1994, à la mort de deux des membres.
Ces artistes ont été très productifs et ont utilisé divers médiums.
Des éléments reviennent sans cesse avec une symbolique propre :
- le caniche : l’artiste
- la corne d’abondance : l’inspiration
- ziggurat : les temps anciens
- le crâne : la mort
- verre à pieds et tubes à essais : culture et idéologie (où tout n’est pas bon à garder)
- gélule : le sida
Tous ces éléments sont présents dès l’entrée de l’exposition dans Les Armoiries du Pavillon de Miss General Idea , 40 armoiries sur toiles sont accrochées et sont reconnaissables dans l’ensemble de leur œuvre.
Une fois les marches montées, ça commence. A droite, une toile AIDS que nous allons retrouver tout au long du parcours sous forme de papier peint recouvrant des murs entiers, sur lesquels des photographies de l’époque nous montre ces mêmes affiches dans les rues.

En face, une vidéo Test tube (1979). Ils se moquent volontairement des médias de masse et s’en servent pour exprimer leurs pensées sur les artistes, sur ce monde de l’art. ensuite, le Colour Bar Lounge from the 1984 Miss General Idea Pavillon nous donne un avant goût de ce que nous allons trouver par la suite.
Voici un son pot d’or (de qualité médiocre), pris sur le vif dans l’exposition face au Colour Bar Lounge. L’exposition est divisée en six parties et le visiteur les parcours de manière fluide.
Des caniches empaillées, trois exactement, sont placés sur des grandes toiles sur lesquelles sont peintes des croix bleues, le même bleu d’Yves Klein (son fameux IKB), c’est XXXBlue.

Pour mieux comprendre cette œuvre, il faut voir une vidéo placée un peu plus loin dans l’exposition : Shut the fuck up (1985), 14’07’’. Cette vidéo critique les médias et les rapports qu’ils ont avec les artistes.
Une autre vidéo, troublant nos sens, Double MirrorVideo (1971), 5’30’’, donne une autre image du collectif : la mer, la place, le sable, les sons doux des vagues et ces miroirs interminables…Des extraits de textes, de bandes sons, d’images ponctuent aussi cette visite.

Les œuvres que j’ai beaucoup apprécié sont : Dear General Idea, it I live to be a hundred, I’ll never forgne myself for… (1973) et Skyportraits Chain letter project (1969). Pour la première, il s’agit d’un papier pré-imprimé, qu’il faut découper et plier pour lui donner la forme d’une enveloppe. Une liste de choses avec des cases à cocher doivent être remplies par l’expéditeur. La seconde est très sympathique. Il s’agit d’envoyer des photos , des lettres à des personnes. Tout est indiqué sur les papiers cartonnés.
On constate qu’il y a beaucoup de jeux dans leurs œuvres.
Ils ont fait énormément de fiches de présentation. Elles sont très intéressantes car elles contiennent beaucoup d’informations : qui à pris la photo ou bien dans quel magazine a t-elle était capturée, la date, le lieu, une phrase expliquant la photo, l’image.

Ils ont aussi travaillé sur les médias et ont réalisé de faux écrans de télévisions et en ont recouvert des surfaces importante : les médias occupent une place très importante dans notre société.
Près de la boutique, deux toiles, Untitled, Malboro et Untitled Vantage m’ont étrangement fait penser aux toiles de Shen Fan.

The Boutique from the 1984 Miss General Idea Pavillion, 1980, collection: Art Gallery of Ontario, Toronto

SHEN Fan , River-C-1-123 , 2001
Ils ont aussi beaucoup travaillé sur l’archéologie et l’architecture, personnellement ça n’est pas la partie que j’ai préféré mais je trouvais la démarche intéressante. En effet, l’humour est toujours dans les parages et c’est délicieux ! Ils poussent leur démarche très loin, inventent un contexte, une histoire à leurs fresques, leurs moulages.
La partie « ménage à trois » laisse le plaisir au visiteur d’observer de nombreux dessins sous verre, entourés par les fameuses toiles noires, avec trois caniches : rose, jaune et orange fluo.

Ils ont ainsi repris des « piliers » de l’art pour en donner une nouvelle version détonante. Par exemple, la toile de Mondrian dans laquelle ils ont mis les couleurs de la toile AIDS (vert –rouge-bleu) et qui leur permet de faire un pied de nez à l’artiste car ce dernier refusait de mettre du vert dans ses toiles.
Les dernières de leurs œuvres sont empreintes d’émotions je trouve. Deux des membres étant malades, cela se ressent dans leur production et surtout dans Fin de siècle (1994), où trois phoques (les artistes ? ) sont échoués sur une banquise…
L’exposition n’est pas tout à fait fini, nous pouvons voir une installation. Des gélules sont placées sur le mur, elles sont monochromes ou bichromes, en alliant ou pas, le vert, le rouge et le bleu.

Une autre installation P is for poodle, the milky way from the 1984 miss General Idea Pavillon marque le point final de l’exposition. Le visiteur ne peut dépasser la limite blanche au sol alors qu’une pédale nous invite à « press »…Il y a aussi une odeur particulière dans la pièce, la paille sent. La musique est envoûtante. Trois caniches sont dispersés dans l’espace.
CT: photos 1/3/8/9 , 23 mars 2011