24. Jacques Perconte. Images, notes et mouvements.
24. Jacques Perconte. Images, notes et mouvements.
(présentation par Samuel Bianchini)
Observatoire des nouveaux médias
Ensad 31 rue d’Ulm 75005 Paris
Mercredi 28 octobre 2009, 18h 30, Amphi Rodin
«Jacques Perconte pratique la photographie, la vidéo, la création numérique et la musique; il explore les ressources conjuguées du corps, du paysage et de la couleur détachés d’une inscription limitative et contraignante. Caractérisée par l’altération programmée, par la puissance entraînant toute production dans la tension d’un flux constamment renouvelé, son œuvre est avant tout destinée à être vécue, partagée dans une expérience à la fois ouverte, mouvante et resserrée.
Son sens réside moins dans les forces qui s’y dépensent que dans les états affectifs suscités. Il ne consiste pas en la cohérence issue d’une structure unifiée, mais dans l’énergie d’une déambulation intime s’offrant à l’imagination en changeant constamment la nature de sa focalisation.» Didier Arnaudet, Art Press. Mai 2008. n°34.
«Après le dessin, j’ai découvert la peinture puis la vidéo, l’informatique et les réseaux. Je suis passé par les cours du soir des Beaux Arts, par l’Université, par le CNRS. Arts plastiques, cinéma, philosophie, design interactif, systèmes d’information, stratégie d’innovation… J’ai plongé dans le numérique en 1995. J’ai beaucoup expérimenté les outils. Depuis plus de dix ans je me demande ce qu’il faut écrire avec ces machines à produire des images hybrides. Je cherche à partager, à donner. Pour cela j’expose mes interprétations de la nature, de ce monde, de l’art, de la lumière, du son. Je donne aux images les vibrations que j’estime légitimes. Des dimensions où elles ne mentent pas, où elles ne dictent pas, où elles mettent en garde contre leur propres pièges. Je joue avec et contre la technologie. Je voudrais rendre à mes outils une place conviviale. Une place où ils disparaîtraient pour soutenir mes gestes.» Jacques Perconte.
Enregistrement vidéo de la conférence-projection de Jacques Perconte
1/5.
Présentation. Expérimenter, inscrire la dimension temporelle sur le support de l’image numérique, déployer tous les temps de l’image pour écrire des histoires: Les Corps numériques. 1993-1998. Chercher une dimension picturale à l’image numérique sur la question de la représentation du corps. Les vidéos sont faites en filmant leur projection à l’écran sous internet.
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2/5.
Une douzaine de séquences vidéo projetées qui expliquent la démarche de JP, de l’image numérique vers la vidéo. [commentaire de JP, «volontairement» un peu inaudible en raison de la bande-son des vidéos projetées]. A l’écran, en introduction, on lit: 1. «Ces images proviennent de micro-bases de données formées par une suite d’images vidéo souvent marquées par des stigmates numériques, traces du temps que le médium a laissé, lors de la capture. Le dispositif d’installation qui les refilme et qui les interprète les transforme à nouveau et ce suivant des procédés numériques et analogiques prédéfinis dans la configuration du matériel utilisé.» 2. «Le serveur http réagit à chaque connexion en initialisant les class Java qui vont déformer, fragmenter et découper les images ordonnées en suites numériques. Ces class, suite d’algorithmes programmés et étudiés à ces fins auront une incidence importante sur le résultat. Les performances de la séquence active dépendent de l’état d’occupation et des capacités du système client.» Le temps comme élément de déformation de l’image [esthétique du cinéma expressionniste, ndlr.] La présentation des pièces se fait sous monobande ou en installation.
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3/5.
Filmer les écrans. Plusieurs pièces proposées. Tempo et pause, faite à partir de trois films italiens des années 70 et d’un site internet qui les contient. Le propos: «La dissolution de l’image de l’artiste des années 70 dans la société contemporaine.» Phex. 2001. Un essai de vidéo-danse qui se «sert de la danse comme générateur de mouvement dans l’image.» L’effet «moire». Phex est le dernier film fait en utilisant internet. A partir de là s’opère une séparation entre le travail de film et le travail sur internet. 38° est un projet de livre de photographies, la «rencontre de la texture de la peau et de celle de l’écran». Le livre se décline en pièce internet I Love You et en installation It’s All About Love.
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4/5.
Trois autres pièces internet: Barnett Newman, Save The Gulf Stream, Pour sortir de la crise.info.
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5/5.
Le travail sur les films. En 2002, JP entame une autre série de films, s’appuyant sur l’«explosion des codecs de compression de la vidéo.» Les pièces SNSZ, uishet, Annette et Satyagraha. 2009. En hommage à Joachim Gatti.
Toutes les pièces citées sont en ligne dans le site de Jacques Perconte.
Les articles des auditeurs les citent et les analysent.