26. Marion Tampon-Lajarriette / Au-delà des bords de l’image.
Actualité. Du 7 au 31 janvier 2010 au palais de Tokyo, le Module présente Marion Tampon-Lajariette, Caméra 1, Plan 8 (2008). Voir dans AdNM l’article sur Manderley et l’article sur Caméra 1, Plan 8.
26. Marion Tampon-Lajarriette / Au-delà des bords de l’image.
(présentation par Jean-Louis Boissier)
Observatoire des nouveaux médias
Ensad 31 rue d’Ulm 75005 Paris
Mercredi 9 décembre 2009, 18h 30, Amphi Rodin
Le travail vidéo et photographique de Marion Tampon-Lajarriette puise dans les œuvres marquantes du cinéma, mais aussi dans la télévision ou la presse. Il s’insère dans ces systèmes de représentation pour en dégager, notamment, des états psychiques et pour déterminer comment les images hantent notre rapport au réel. Dans sa vidéo Musée d’un souvenir (2009), elle remet en scène plan par plan la séquence au Muséum national d’histoire naturelle de Paris du film de Chris Marker La Jetée (1962). À l’enchaînement de photographies en noir et blanc original se substituent des plans vidéos aux couleurs évanescentes et à l’immobilité vacillante, réanimant un moment d’un film inscrit dans nos mémoires, autant que les questions qu’il a si justement posées sur la force des images-souvenirs.
« Au-delà des bords de l’image, de nouveaux parcours sont possibles. Par des déambulations libres, on passe peut-être à côté de l’événement mais on assiste à l’à-côté du spectacle et l’on entre dans le hors-champ infini de l’image » : Chez Marion Tampon-Lajarriette, le remake se conjugue aux évolutions récentes des technologies et à une pratique interactive de l’image qui interroge la place du spectateur. L’installation vidéo La Visionneuse (2008) présente ainsi des paysages de Stalker (Andreï Tarkovsky, 1979) figés comme des photos. Par l’intermédiaire d’un joystick, le spectateur anime cette vue en actionnant un travelling dans un sens ou l’autre, tout en ajustant l’image du flou au net. Caméra 1, Plan 8 (2008) emporte le spectateur dans une divagation sans fin au dessus de la surface d’un océan de synthèse en mouvement. Les mouvements dans le décor virtuel de ce film sont littéralement empruntés au mouvement continu de la caméra du film d’Alfred Hitchcock La Corde (1948). Le spectateur se trouve projeté dans un parcours devenu énigmatique, détaché de tout référent narratif. La bande sonore, qui mélange bruits de pas et de portes, fragments de dialogues et de musique, renvoie elle aussi à un ailleurs, à un espace-temps propres au rêve ou à la fiction.
Marion Tampon-Lajarriette est née à Paris en 1982. Diplômée de l’École nationale supérieure d’art-Villa Arson à Nice et de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, elle a complété ses études par un master en art et nouveaux médias à la Haute école d’art et de design de Genève. Son travail a été montré en France, Suisse, Angleterre, Allemagne, Espagne et Russie. Il a été exposé notamment au MAMCO (Genève, 2009), à la Maison Européenne de la Photographie (Paris, 2009), au GCCC-Garage Contemporary Culture Center (Moscou, 2009), au Musée Les Abattoirs (Toulouse, 2009), à l’Universal Cube (Leipzig, 2007) à la Cinémathèque Française (Paris, 2007), au Festival Printemps de Septembre (Toulouse, 2008 et 2009). En 2009 elle a reçu la Bourse fédérale d’art (Suisse). Elle vit et travaille à Paris et à Genève.
Enregistrement vidéo de la conférence-projection de Marion Tampon-Lajarriette
1/5
Présentation. Premières pièces vidéo. Lundi dernier à Pembroke. Une histoire déjà racontée, deux «remontages» de Taxi Driver. Cette phrase sonnait comme toujours à mes oreilles chaque fois que je pensais au scénario, un projet d’édition du roman Le Mépris de Moravia «remonté» en 15 pages. Et une vidéo «remontée» du film Le Mépris de Godard, jeux de recadrage interne de l’image en mouvement, recréant du hors-champ.
2/5.
Projets photos. Hors, livre de photo-couleurs «décadrées» deux à deux (154 pages). Les diptyques, photos-estampes encadrées. Les affiches-légendes, reprises de photos de presse dont les légendes agrandies à la taille des images entrent en collision avec elles.
3.1/5.
Deux pièces vidéo. La Passerelle, installation vidéo, extraits de deux films Prima della Revoluzione de Bertolucci (1964) et Les Amants réguliers de Philippe Garrel (2004), jeux d’influence et de référence de la part de Garrel envers Bertolucci. Stream, projet de vidéo-objet.
3.2
Trois autres pièces vidéo. Manderley, installation vidéo d’après le film Rebecca d’Hitchcock. La Visionneuse, installation vidéo interactive d’après le film Stalker de Tarkovsky. Caméra 1, Plan 8, installation de vidéo animation 3D, boucle de 6 mn, «divagation, promenade mentale», reprenant des mouvements de caméra empruntés au film La Corde d’Hitchcock. Musée d’un Souvenir, installation vidéo d’après La Jetée de Chris Marker.
Manderley, 2007 (Sur Manderley, voir : http://www.arpla.fr/canal20/adnm/?p=272)
4/5.
L’exposition. A chaque nouvelle situation muséale, un nouvel agencement de l’œuvre dans l’espace donné et des œuvres entre elles.
5/5.
Dialogue et questions. Retour sur Caméra 1, Plan 8, sur Manderley, sur l’esthétique interactive.