25. Mylène Benoit / Contour Progressif. Les corps : médias critiques.
25. Mylène Benoit / Contour Progressif. Les corps : médias critiques.*
(présentation par Samuel Bianchini et Liliane Terrier)
Observatoire des nouveaux médias
Ensad 31 rue d’Ulm 75005 Paris
Mercredi 25 novembre 2009, 18h 30, Amphi Rodin
* Les enregistrements vidéo de la conférence sont en bas de cette page.
http://www.contour-progressif.net
Poursuivant un travail artistique autour de la représentation du corps dans les médias, cette artiste plasticienne vidéaste et chorégraphe, diplômée du Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains, développe une œuvre singulière qui s’applique à identifier la façon dont les technologies et les médias façonnent la réalité du corps humain. Ses créations chorégraphiques engagent la danse dans l’analyse des nouvelles définitions —ou indéfinitions— de ce corps médiatisé et impliquent souvent des technologies contemporaines (capteurs embarqués, régie informatique, programmation temps réel).
Effet Papillon convoque les codes du jeu vidéo pour interroger les représentations du corps dans les univers de réalité virtuelle. Effet Papillon met à l’épreuve l’image d’un corps idéal, médiatisé, modélisé. Les interprètes sont équipées de capteurs embarqués qui permettent de sonoriser leurs pas, leurs sauts, leurs combats. Capteurs et programmation sont ici au seul service d’une dramaturgie du corps potentialisé: à l’instar du joystick, ils enchaînent les images (lumineuses et sonores) aux actes corporels.
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La chair du monde examine cette nouvelle culture audiovisuelle, fondée sur le spectacle de la mort massive amortie par l’image et par le nombre. Face à l’ordinaire insupportable d’un tel spectacle, elle envisage la pratique chorégraphique comme tentative d’appropriation des techniques mises en œuvre dans la fabrique d’images d’accident, de combat ou de catastrophe à répétition, pour interroger cette banalisation de la mort qui atrophie nos émotions et dicte nos «manières de corps».
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ICI co-écrit avec le chorégraphe Olivier Normand, se situe à la croisée de l’art chorégraphique et de l’art vidéo. Ce projet s’appuie sur un principe de délai vidéo et articule trois éléments de réflexion en un nœud problématique: le corps / l’image du corps / l’identité. La composition chorégraphique associe deux jeux: le cadavre exquis et le téléphone arabe. Elle prend appui sur un principe d’accumulation et de déformation par la copie du mouvement.
« »Le spectacle n’est pas un ensemble d’images mais un rapport social entre des personnages médiatisés par des images ». Cette citation tirée de La Société du spectacle de Guy Debord pourrait résumer la philosophie qui innerve les créations chorégraphiques de Mylène Benoit. Dans le travail de sa compagnie Contour Progressif, le corps-image, le corps-média devient un multicorps qui se cherche et se tranforme mais jamais n’oublie son essence. Mylène Benoit chorégraphie les corps contemporains avec un regard de plasticienne. Pour elle, la danse est un outil de réveil des consciences et des corps qui permet de sortir de l’hypnose, de la « sidération ». (…) Si le corps est image, il peut aussi révéler le corps de l’image elle-même.» Philippe Franck. Patch, La revue du Centre des Ecritures Contemporaines et Numériques, février 2009.
Enregistrement vidéo de la conférence-projection de Mylène Benoit.
1/5.
Dans l’introduction à la conférence, a été rappelée la pièce Open Score de Robert Rauschenberg, 16 octobre 1966, l’une parmi la série de performances qui se sont tenues du 13 au 23 octobre 1966 au 69th Regiment Armory de New York, 9 Evenings : Theater and Engeneering. Ces œuvres issues d’une collaboration entre des artistes plasticiens, danseurs, musiciens, et des ingénieurs marquent les véritables débuts des rapprochements entre art et technologie. Mylène Benoit y fait donc référence dans sa présentation.
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2.1/5. 2.2/5.
Effet Papillon (2007). Chacune des réalisations de Mylène Benoit, qualifiée par elle de «dispositif d’exploration du corps porteur de couches médiatiques», est précédée d’une note d’intention-vidéo, petit film qui précise la problématique en images et textes associés. Pour Effet papillon : «Avatars du corps / Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves / rêves d’ubiquité / périls virtuels / risque zéro / résurrections illimitées / avatar = moi-corps médiatisé.» Des références artistiques citées: Felice Varini et Georges Rousse. La vidéo 2.1. explicite le processus de création autour de la note d’intention. La vidéo 2.2. reprend des extraits du spectacle commentés par Mylène.
3/5.
La Chair du monde (2009). «Ce que les capteurs ouvrent, c’est la possibilité pour le spectacle que le corps soit un axe central de développement de toutes les formes médiatiques autour. Le corps parle de la danse, mais aussi de la lumière et du son.» Point de départ de La Chair du monde, les capteurs ont été abandonnés en cours de travail et finalement sont absents de cette pièce. La note d’intention de la pièce: «Y avait-il une nouvelle grammaire de la violence organisée par les médias». Et par le cinéma en tout premier lieu.«On a un inconscient collectif d’images médiatiques de la violence: une couche médiatique qui nous accompagne.»
4/5.
ICI (2010). Présentation de la maquette du projet en cours. Le dispositif relationnel entre l’image du corps et le corps est mis directement en plateau, simplement. Le corps des danseurs et leurs images vidéo en retard de 40 secondes s’interrogent en direct mais en miroir différé et ce qu’il en advient sur les corps des quatre danseurs.
5/5.
Réponse à quelques questions (inaudibles). Des rapports de l’art contemporain et de la danse contemporaine. Le corps dansant est un corps critique pour Mylène Benoit. Retour sur la danse selon Myriam Gourfink. De l’influence de l’interactivité dans les jeux vidéo sur la gestuelle discrétisée des avatars.
Toutes les pièces citées et commentées au cours de la conférence sont en ligne sur le site de Mylène Benoit.