06. Gregg Smith, un étrange personnage
Mercredi 16 janvier 2008
18h30, Amphi Bachelier, Ensad 31 rue d’Ulm 75005 Paris
Site: http://www.greggsmith.co.za
Gregg Smith, We Met at the Busstop, 11 mn, 05 juin 2002, Amsterdam. Mise en ligne: 06 mars 2007 sur Paris-art.com.Le travail de Gregg Smith consiste en des films, vidéos, installations, performances et peintures dans lesquelles l’artiste évoque la fragilité des êtres humains. Utilisant le mode de la narration comme un vecteur pour réinvestir la subjectivité de l’individu, son travail vise à créer une connivence, une complicité avec et entre les spectateurs/acteurs, à réintroduire des désirs et des possibilités de contrer le désintérêt pour l’autre.
« Dans ses récents travaux, [The End] on trouve sa personne au centre de récits insolites, et le décor tout autour semble refléter les intempéries qui agitent l’intimité de son esprit. L’usine désaffectée, l’appartement déserté, la rivière s’écoulant au pied de la falaise sont autant de sites privilégiés dans lesquels l’artiste s’aventure en quête de dévoilement, d’énergie, de visibilité. Les situations dramatiques lacunaires qu’il élabore demeurent sous la menace du non-sens et de la répétition. La suggestion et l’ellipse sont les ressorts d’une narration qui cherche à percer le tissu de la vie quotidienne pour en faire couler la sève secrète. Sans relâche. Le caractère énigmatique du réel se hisse à la surface. Autour du corps de l’artiste évoluent en ellipses concentriques une série d’êtres et d’objets issus de l’ordinaire, prêts à proliférer ou à disparaître sans mot dire. […]
Ce sont des figures abstraites, des archétypes, des fragments d’une mythologie personnelle. Les murs ont des oreilles; ils font également les yeux doux à l’enfer des employés de bureau que Gregg Smith met en scène, cernés par l’insatisfaction, entre tiroirs, classeurs, dossiers, étagères et feuilles volantes, dans un espace immense où le vide absorbe les silhouettes qui le traversent. Le temps n’avance pas, il tourne court. La courtoisie se fait sentir. Une élégance presque gauche. La retenue, le frottement. Comme une clef qui cherche à défaire le verrou sans y parvenir. Une errance, une tentative. C’est une narration de la contrariété. Une moisson sur les terres fertiles de la frustration.
L’artiste endosse les costumes de ses personnages hypersensibles, vulnérables, comme on contemple sa propre image dans un miroir. Il est à la fois lui-même et un autre, quelque part et nulle part, reconnaissable et insaisissable. Les paroles apparaissent doucement dans les échanges qui s’établissent entre lui et les autres. » Emile Soulier, in Catalogue de l’exposition, FLUX-S, parcours d’art contemporain en vallée du Lot, 2006.
Résident à la Rijksakademie d’Amsterdam en 2001-2002 et au Studio des arts contemporains du Fresnoy en 2002-2004, Gregg Smith, né en 1970 au Cap, a vécu en Afrique du Sud jusqu’en 2000 et convoque dans plusieurs de ses œuvres les traumatismes de l’Apartheid et une conscience de la perspective personnelle de l’individu dans son milieu social.
Gregg Smith, The End, 14 mn, 30 juin 2006, Paris. Mise en ligne : 09 mars 2007 sur Paris-art.com.
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