30. Michel Reilhac. Le cinéma à l’ère du transmédia.
30. Michel Reilhac. Le cinéma à l’ère du transmédia.
(présentation par Gwenola Wagon)
Observatoire des nouveaux médias
Ensad 31 rue d’Ulm 75005 Paris
Mercredi 17 mars 2010, 18h 30, Amphi Rodin
« En proposant de suivre un récit ‘éclaté’ sur plusieurs médias, le transmédia permet de renouveler les modes de narration classiques, ‘vieillissants’ pour les générations nés avec internet et une console de jeu entre les mains. Encore balbutiant, le transmédia s’impose peu à peu aux diffuseurs audiovisuels comme le moyen de réconcilier cinéma, télévision, jeux et internet. Le transmédia ouvre le récit, jusqu’alors fermé aux spectateurs en faisant entrer une part d’interactivité dans la fiction. Le spectateur n’est plus ‘passif devant la narration’, à charge pour lui de reconstituer et de s’approprier un récit selon ses usages (télé, internet, terminal numérique, téléphone). Entre fiction et réalité, le transmédia ouvre de nouvelles portes à la fiction, de nouvelles façons de faire vivre des univers et des personnages. Utilisé comme mode de marketing viral promotionnel, le transmédia est désormais envisagé comme un nouvelle forme de narration. Un genre dont les contours restent malgré tout à définir ou peut être à ne pas définir. Média en construction, le transmédia possède un côté ‘fourre-tout’, qui précisément fascine Michel Reilhac, directeur d’Arte Cinéma.»
Enregistrement vidéo de la conférence de Michel Reilhac
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Présentation par Gwenola Wagon. Michel Reilhac retrace son itinéraire professionnel, son engagement en tant que Directeur d’Arte France Cinéma dans la production de films d’auteur. Puis il analyse la crise du cinéma indépendant au sein de l’industrie culturelle.
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«Nous ne pouvons plus faire des films avec la même mécanique et la même ampleur de dépense qu’auparavant. Notre métier n’est plus de faire des films mais de raconter des histoires. … Le jeu vidéo a créé un appétit pour un nouveau type de relation à la narration. Internet représente aussi cette implication dans le récit. Le transmédia représente ce désir d’amplification de la narration, c’est un défi narratif. Alors que le cross média est une déclinaison sur plusieurs plateformes d’une histoire qui est à l’origine linéaire, le transmédia, c’est aborder une histoire, le fait de raconter une histoire en l’éclatant, en plusieurs composantes, de telle sorte qu’un aspect de l’histoire, une approche, un point de vue, un morceau de l’histoire vont pouvoir se jouer sur internet, sur des sites dédiés, des blogs, des plateformes communautaires et vont donner un ensemble d’informations, de morceaux de l’histoire… L’ensemble de l’histoire, de l’événement raconté ne sera au final percevable que dans sa globalité, que lorsqu’on rassemblera tous ces éléments. L’autre particularité, c’est que le temps de ces narrations transmédia est plus long que l’heure et demi ou les deux heures de la narration linéaire d’un film. Cette narration transmédia peut se dérouler sur plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois.» L’exemple donné est The Truth about Marika qui prend la forme d’un Alterned Reality Game (jeu en réalité alternée). Trois questions: A qui est destiné un projet transmédia? Comment peut-on produire aujourd’hui une œuvre transmédia? Avec qui le faire?
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Questions. Sont évoqués les «pionniers» du transmédia, le game designer Eric Viennot, mais aussi le collectif d’artistes britanniques Blast Theory. La notion de game play. La notion d’architecte narratif et non d’auteur. Le domaine du Web documentaire: l’exemple de Ghaza-Sderot. L’économie du transmédia: le Crowd Funding, le Branding….
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Biographie de Michel Reilhac
Du 1er juillet 1993 au 30 avril 2002, Michel Reilhac a été Directeur Général du Forum des Images. Depuis le 2 mai 2002, il est Directeur Général Délégué d’Arte France Cinéma, et Directeur de l’Unité Cinéma d’Arte France. Michel Reilhac a, par ailleurs, créé les Arts étonnants, par lesquels il a créé, produit et conçu différents événements dont l’exposition Les Arts étonnants à Chaillot en 1992, Le Bal Moderne (de 1993 à 2000), Dark/Noir (Avignon 1993, Paris 1994) et Le Goût du Noir (Paris 1998 et 2001).
Il est aussi réalisateur et producteur indépendant, avec sa propre société Mélange, fondé en 2000. Il a produit pour la télévision: Michael Hanecke: making of Code inconnu, de Yves Montmayeur, 52 mn; HPG, mon vit mon œuvre de HPG, pour Canal +; L’éveil du Quetzal, documentaire cubain de Bertrand Fèvre. Pour le cinéma: Intimisto, premier court métrage de Licia Eminenti; Les larmes de Madame Wang de Liu Bing Jian, Chine; Polissons et Galipettes de Michel Reilhac; 7 jours et 7 nuits de Joël Cano, Cuba (en cours).
Filmographie: Tous les mêmes, 1998, 42mn, Canal +; Etre un homme aujourd’hui, 1998, 108mn, Canal +; Les Iles du Kenya, 2000, 40mn, ARTE (série Voyages-Voyages).