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Bibliographie
Le titre du workshop The Figure in the Landscape est emprunté à John Dixon Hunt
Hunt, John Dixon, The Figure in the Landscape: Poetry, Painting, and Gardening during the Eighteenth Century. Baltimore and London: The Johns Hopkins University Press, 1976.
Nouvelles formes de représentation en Grande-Bretagne au 18ème siècle.

« Le 18ème siècle, qui voit naître en 1707 le Royaume Uni de Grande Bretagne, marque l'avènement de la nation britannique comme première puissance économique mondiale. Prospérité, expansion et mobilité sociale se traduisent notamment par l'éclosion de toute une série de nouvelles pratiques artistiques destinées à affirmer l'existence d'une vraie originalité britannique. Tant vis à vis de l'extérieur (rejet de l'impérialisme artistique "continental") que de l'intérieur (rejet de l'élitisme aristocratique, affaiblissement du mécénat de cour), les "nouveaux" artistes créent des formes d'expression dont ils ne cessent de souligner la modernité. Au cours de ce séminaire, on s'intéressera à la fois à trois nouvelles pratiques artistiques (le roman, le jardin paysager, l'émergence d'une "école" anglaise de peinture) dont on tentera de mettre en évidence les analogies formelles, et à un certain nombre de textes d'esthétique (écrits théoriques et pratiques) écrits à la même période.[...] En parallèle, on assiste à l'émergence d'un véritable discours sur l'art, et particulièrement sur les "effets" de l'art et les conditions de sa réception (perception, subjectivité, "expérience" de/dans l'œuvre, etc.). [...] Il s'agira de mieux cerner les évolutions de l'idée de "représentation"... »
Extraits de l'entretien entre Gary Hill et Geoffroy de Volder
(in Dits, printemps-été 2003, n°2, Macs grand Hornu, p. 142)
Prendre une caméra vidéo pour être connecté :
« La première fois que jai pris une caméra vidéo, ce nétait pas pour regarder à travers lobjectif, mais pour être connecté, au sens fort du terme. Ce nétait pas juste un problème dimages et de vision, mais plutôt la question détablir ce lien avec lenvironnement, le corps et ce monstre électronique qui ressemblait à un cyclope, loeil unique. La vidéo est une machine à voir avec un oeil, mais te connecte mieux quen stéréo, mieux que si tu regardes avec les deux yeux. »
Le temps réel :
Je pense ne jamais travailler en temps réel. Quand jinclus des images dans une oeuvre, elles sont rapidement court-circuitées soit par leur déplacement dynamique dans lespace, soit par linterruption de leur contact avec lil du spectateur. Ce dispositif spatial approprié a pour objectif délever le seuil de perception jusquà la surface dinvisibilité.
Lacte de voir :
Rendre plus conscient et non passif lacte de voir. Permettre au corps dêtre davantage impliqué dans lacte de voir. Interroger la vision en tant quapproche a priori pour expérimenter le monde.
Je pense que toutes ces différentes torsions que japporte à limage rapidité, clignotement, vacillement, extinction etc.. ont pour effet de rendre plus conscient et non passif lacte de voir.
Je cherche à activer la vision plutôt que son objet, rendre la présence du spectateur aussi importante que le sujet des images qui lui sont présentées. Et ce phénomène concret des yeux humains qui captent tout ce qui apparaît est quelque chose dextraordinaire, car nous ne savons pas si cela va se reproduire tous les jours. ..
Un paysage de langage, de sons et dimages
«...Faire de lart, cest par nature constituer un récit, cest-à-dire que lanneau de Moebius qui relie lart à la vie est toujours en train de minfluencer. Depuis que je travaille au cur des images, du langage et du temps, il mest difficile déchapper au récit. ... pour raconter une histoire, je ne travaille pas au départ dune structure préétablie, mais bien en partant du principe-même de structure, au sens où cest le feed-back auquel je réponds qui devient, à travers le dispositif, histoire. [la possibilité de faille: être en état dalerte et douverture à ce qui peut se produire, et quen une fois tu as la vision de quelque chose, alors cet instant devient lidée...]
Un bon exemple de ce principe cest Happenstance (part one of many parts, 1982-1983) vidéo au creux de laquelle le récit est comparable au devenir de la pensée qui souvre au centre dun paysage de langage, de sons et dimages et que lon pourrait qualifier de synesthésique.
Il sagit en quelque sorte détablir une carte topologique, une trace de la pensée elle-même. La lecture-vision du récit est la transcription de ce concept de travail. Dans un certain sens, le processus de reconnaissance et de perception se trouvent pour le spectateur jumelés au coeur de luvre.
Dans Tall Ships... les spectateurs sont invités à compléter loeuvre et à devenir eux-mêmes les protagonistes dun espace performatif.
Depuis peu, je commence à faire référence à mes installations comme à des performances. Le terme générique dinstallation a perdu tout son sens à force dêtre trop employé.
Lexistence physique du langage est excessivement importante pour moi. Cet aspect physique concerne autant la réalité du mot que la signification quil représente. Je travaille beaucoup sur le fil de la langue, entre sens et absence de sens. »
La notion dun autre
« Il sagit dêtre simplement plus attentif à la notion dun autre. Lautre est ce qui rend la conscience de soi possible. ...»
Réduire le décalage entre lesprit et le langage
« dans Soundings (1979) où je parle à la peau dun haut-parleur en la touchant. je peux ainsi éprouver en direct un feed-back quant à la dimension physique de ma voix. Comme je manipule cette membrane avec mes doigts, cela modifie la sonorité de ma voix et me suggère dautres notions ou métaphores à propos de ce que je suis en train de faire. cette manipulation du baffle entraîne une modification de ce que je dis... Jimagine volontiers que tout cela est affaire de toucher, au sens où on parle de toucher quelquun... Je parle au baffle, et lidée que le volume augmente jusquau stade où il va exploser renvoie directement à la place vacante du sujet que décrit justement le texte. Cest presque la technologie qui parle en quelque sorte, le texte expliquant ce qui est en train de se passer, à savoir que tous les je cest à dire toutes les références à moi-mêmesont abandonnés et désertés. Pour comprendre cette pièce, il faut imaginer une parenthèse ( ) vidée de tout je qui scrute autour delle ce qui devrait y être, et décrit ensuite le processus catastrophique en train de se produire. La membrane vibre jusquà linstant où tout sarrête, jusquau point final où il ny a plus rien... »
Gary Hill, selon Geoffroy de Volder, « interroge physiquement l'acte de regarder ».
Mais peut-on assurer un continuum entre l'expérience de la promenade dans le paysage et l'expérience déambulatoire de l'installation. « Les installations-performances de Gary Hill en sont la forme d'expérience ouverte au regardeur, servie par la violence des artifices de la réception de l'image vidéo propre à cet artiste. » Les Land artists puis les Post-studio artists ont fait des expériences de création dont les processus empruntent au tourisme, au trekking, à l'expédition polaire, à l'ermitage dans le désert, qu'ils mettent en forme a posteriori dans le moule d'installations artistiques immersives avec vidéoprojections.
L'expérience du worshop en Chine participe de tout cela. Le médium à l'étude : la vidéo interactive associée à des procédures de land-art restreint à la chambre ou à un quartier de Xian . "Interroger physiquement l'acte de regarder" la Chine, et restituer la question à l'échelle intime dynamique de la consultation interactive à l'écran avec effets 3D, à défaut de versions plus immersives des vidéoprojections d'installation interactive? LT
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